Image d'un magicien pour introduire le motion design

Qu'est-ce que le motion design ?

Imaginez un monde où les images resteraient immobiles, où les publicités clignoteraient timidement et où les logos sembleraient aussi vivant qu’un caillou dans le désert. Un monde où seul ce qui peut être filmé avec une caméra pourrait être en mouvement. Pas très fun, n’est-ce pas ?

 

Heureusement pour nos yeux et notre imaginaire, il y a le motion design. Fruit de la lente évolution du cinéma depuis le début du 20e siècle, il a su trouver sa place à travers les progrès technologiques et les besoins en marketing des entreprises ayant le désir de toujours plus capter l’attention. Le motion design, c‘est finalement la mise en mouvement de tout ce qui semblait condamné à l’immobilité.

 

Dans cet article, on va explorer ensemble ce monde fascinant du motion design, et croyez-moi, il bouge beaucoup plus que vous ne le pensez !

Sommaire

Le motion design, une forme de magie

tour de magie avec un chapeau

Vous vous rappelez de ces tours de magie qui vous émerveillaient quand vous étiez petit ? Le magicien qui fait sortir une colombe d’un chapeau ou qui fait disparaître une pièce d’un claquement de doigts ? Eh bien, le motion design, c’est un peu la version moderne de ces tours. Sauf qu’ici, le chapeau c’est notre écran, et la colombe, c’est une animation qui surgit de nulle part pour captiver notre regard.

Alors, le motion design, c’est quoi au juste ? Imaginez un magicien aujourd’hui, mais au lieu d’une baguette, il a un ordinateur. Avec quelques beaucoup de clics et de l’imagination, il prend une forme ou une image, qui pourrait être aussi banale qu’un logo ou un graphique, et d’un coup, paf ! L’image se met en mouvement, elle prend vie. C’est une transformation spectaculaire, un peu comme voir une statue se mettre à danser.

Cette magie visuelle, c’est ce qui rend le motion design si spécial. Comme un bon tour de magie, il a le pouvoir de nous surprendre, de captiver notre attention et de transformer l’ordinaire en extraordinaire. Vous savez, ces intros animées qui donnent le ton avant votre série préférée, ces publicités qui racontent une histoire en quelques secondes, ou ces infographies qui semblent danser sous vos yeux ? C’est là que le motion design entre en scène, apportant une touche de féerie dans notre monde numérique.

Et ce qui est magique avec le motion design, c’est sa capacité à communiquer de manière si efficace. Imaginez : vous avez un message complexe à faire passer, une histoire à raconter. Le motion design transforme ce message en une expérience visuelle captivante, une histoire racontée non pas avec des mots, mais avec des images en mouvement. C’est une sorte de raccourci visuel qui va droit au but, capturant l’essence d’un message et le rendant immédiatement compréhensible.

Un bref saut dans le passé

L’histoire du motion design est une fascinante chronique d’innovation et d’adaptation. Commencer ce récit, c’est un peu comme ouvrir un vieux grimoire rempli de secrets et de révolutions technologiques. Aux premiers jours, on trouve les pionniers du cinéma, comme Georges Méliès, qui utilisaient des techniques rudimentaires d’animation pour créer des effets spéciaux dans leurs films. Ce n’était pas du motion design tel qu’on le connaît aujourd’hui, mais ces premiers balbutiements posaient les fondations de ce qui allait suivre.

Avançons rapidement à l’ère de la télévision et des publicités. Ici, le motion design commence à prendre forme de manière plus reconnaissable. Les génériques de films et les spots publicitaires commencent à utiliser des animations pour raconter des histoires de manière plus dynamique. C’était l’époque où le design graphique rencontrait le mouvement, créant ainsi un tout nouveau langage visuel.

Un exemple avec « Autopsie d’un meurtre » (« Anatomy of a Murder« ) sorti en 1959. Cette séquence de titres est un exemple classique du motion design naissant, illustrant le style distinctif de Saul Bass (graphiste et cinéaste), qui combinait des éléments graphiques simples avec de l’animation pour créer une expérience visuelle dynamique et captivante. La séquence met en scène du texte animé et des figures simples, démontrant l’habileté de Bass à utiliser le motion design pour définir le ton et enrichir la narration d’un film.

Mais c’est avec l’avènement de l’ordinateur personnel et des logiciels de conception graphique dans les années 80 et 90 que le motion design a vraiment commencé à décoller. Les créateurs avaient désormais à leur disposition des outils leur permettant de donner vie à leurs visions de manière plus rapide et plus flexible qu’auparavant. Cela a ouvert la voie à des expériences plus audacieuses et à des animations plus complexes.

Un exemple juste en dessous avec cette vidéo présentant une démo reel de la toute 1ère version d’After Effects, l’un des logiciels les plus utilisés pour la création d’effets en post-production et pour le motion design.

Cette vidéo nous ramène en 1993. Ca pique un peu aux yeux ! Vous êtes prévenus 🙂

ordinateur des années 80 et 90

L’arrivée d’Internet et la démocratisation de la technologie numérique ont propulsé le motion design dans une nouvelle ère. Soudainement, le motion design était partout : dans les publicités en ligne, les interfaces utilisateur, les jeux vidéo et même dans les applications mobiles. La capacité d’intégrer des animations fluides et interactives a transformé la façon dont nous interagissons avec le contenu numérique, rendant l’expérience utilisateur plus engageante et plus intuitive.

 

Aujourd’hui, le motion design est une composante essentielle de la communication visuelle. Il a évolué bien au-delà des publicités et des génériques de films pour devenir un outil clé dans le storytelling numérique, l’éducation, et même dans les présentations d’entreprises. Les réseaux sociaux, avec leurs formats courts et visuellement captivants, ont également donné un nouvel élan au motion design, en encourageant les créateurs à innover et à expérimenter avec des formes toujours plus courtes et impactantes.

 

Le tour de passe passe dévoilé

La mise en scène

 

Bon on est d’accord, un magicien ne révèle pas ses tours. Alors je ne vous dévoilerais pas ici comment l’illusion du mouvement est donnée en motion design d’un point de vue technique mais plutôt en vous montrant comment cette magie opère d’un point de vue plus globale.

 

Un tour réussi n’est rien sans une bonne mise en scène. Cette histoire que le magicien raconte fait partie intégrante du tour et contribue aux émotions ressenties par le spectateur. Il en va de même pour le motion design. Accrocher l’attention du spectateur, maîtriser son regard pour qu’il regarde ce que l’on veut qu’il regarde, conserver son attention, lui faire ressentir des émotions, le divertir, lui faire découvrir ou comprendre des choses, le choquer, attiser sa curiosité… Voilà tout l’enjeu d’une mise en scène réussie.

 

Et pour cela, la préparation est essentielle. Cette préparation, en motion design, correspond au brief, à la création d’un scénario, d’un script, d’un storyboard ou d’un moodboard. Ce sont les étapes qui vont définir comment notre tour de passe passe va prendre forme et lui donner un cadre.

 

Un extrait d’un de mes storyboard à la première étape de sa création ci-dessous. Le script, qui servira de voix-off, a déjà été réalisé ici. Les premiers dessins posent la base de ce que sera la vidéo.

 

 

présentation d'un extrait de storyboard

Et voici maintenant l’extrait de ce même storyboard retravaillé avec les visuels. Des ajustements seront encore nécessaire mais la base commence à prendre forme.

 

présentation d'un extrait de storyboard, étape finale

Le tour de magie

Le cadre est posé, le tour de passe passe peut maintenant commencer ! On va animer tout ça.

C’est un travail de précision, un peu comme ajuster l’assaisonnement d’un plat jusqu’à obtenir le goût parfait. Chaque mouvement est réfléchi : un personnage qui marche, un logo qui tournoie, une transition qui glisse doucement d’une scène à l’autre. L’idée, c’est de rendre chaque mouvement naturel, presque comme s’il était destiné à bouger depuis le début.

Derrière cette magie visuelle, il a y une sorte de savant mélange entre créativité et technicité. Il faut jongler avec les keyframes (ce sont les clés d’animations, représentées par un losange, un peu comme le logo motionPro que vous voyez en haut à gauche), ces points qui marquent le début et la fin d’un mouvement. Comme un pianiste jouant une mélodie complexe, il doit appuyer sur les bonnes touches au bon moment pour créer un mouvement harmonieux.

Mais ce n’est pas tout. L’animation, c’est aussi une affaire de rythme. Le timing doit être impeccable. Trop rapide, et votre animation ressemble à une course folle; trop lent, et on s’endort devant l’écran. Il faut trouver le juste milieu, celui qui captivera l’attention sans la submerger.

Et puis, il y a ce moment magique où tout prend vie. Après des heures de travail minutieux, soudain, ce qui n’était qu’une série d’images statiques se met à raconter une histoire. On soupoudre cette histoire d’une belle musique et de bruitages pour amplifier l’immersion et l’émotion. Et le tour est joué. C’est maintenant au public (ou au client 😁) de valider si cette magie a belle et bien opérée.

Lire la vidéo

Le spectacle ne fait que commencer

Voyez l’évolution en à peine 100 ans, c’est assez fou !

 

Alors difficile de prédire ce qu’il adviendra du motion design dans les années futures mais une chose est sûr : qu’il s’agisse de se divertir ou de capter l’attention dans une démarche promotionnelle, l’art visuel et sa mise en mouvement continueront d’avoir une place prépondérante dans notre société.


La réalité augmentée, la réalité virtuelle, l’intelligence artificielle et j’en passe redistribueront certainement les cartes. Imaginez par exemple des animations qui s’adaptent en temps réel à vos réactions, qui changent de forme, de couleur, de rythme selon vos émotions. Les outils évolueront aussi, tout comme les process de création, comme cela a déjà été le cas dans les années 90 avec l’émergence des ordinateurs. Tout cela est à la fois très excitant et en même temps un peu effrayant. « Excitant » car les possibilités de traduire un imaginaire en des réalisations bien réelles deviennent de plus en plus folles et « effrayant » car s’approprier les nouveaux outils et les techniques demande bien souvent un investissement important en temps, alors que tout évolue très vite.

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